Le Toubkal culmine à 4 167 m. C’est le plus haut sommet d’Afrique du Nord, et il se gravit en un week-end depuis Marrakech. Il n’y a ni escalade ni corde : c’est une longue randonnée en altitude, avec un lever très tôt le deuxième jour.
Peut-on le faire sans guide ?
Non, et autant le dire tout de suite puisque c’est la question la plus posée. Depuis 2018, les autorités marocaines imposent un guide de montagne accrédité sur le Toubkal, et un contrôle a lieu à l’entrée de la vallée. Au-delà de la règle, la pente sommitale n’a pas de sentier évident quand la visibilité tombe, et l’altitude ne prévient pas. Nos guides sont brevetés et originaires de la vallée d’Imlil.
Quelle difficulté
Le premier jour est une randonnée exigeante mais accessible : 4 à 5 heures de marche et environ 1 450 m de dénivelé positif, à un rythme lent qui sert aussi à s’acclimater. Le deuxième jour est le vrai morceau : 8 à 10 heures au total, départ vers 5 h 30, 960 m de montée sur des pierriers, puis toute la descente jusqu’à Imlil. Les bâtons de marche changent beaucoup les choses, surtout aux genoux.
Aucune expérience d’alpinisme n’est nécessaire d’avril à octobre. Il faut simplement marcher régulièrement dans l’année et accepter une journée longue.
Le déroulement
Jour 1 : prise en charge vers 8 h à votre hôtel ou riad, route jusqu’à Imlil (65 km, 1 h 30). Vous rencontrez le guide, confiez votre sac au muletier et partez à pied depuis 1 740 m. Le sentier remonte la vallée du Mizane, passe par Sidi Chamharouch (2 310 m), dernier village et dernière boutique, puis grimpe en lacets jusqu’au refuge à 3 207 m. Dîner vers 19 h, nuit en dortoir.
Jour 2 : petit-déjeuner à 5 h, départ à la frontale. Le sommet est atteint entre 8 h 30 et 9 h 30 selon le groupe. Vingt minutes en haut, redescente au refuge pour déjeuner, puis retour à Imlil en milieu d’après-midi et à Marrakech en début de soirée.
Le refuge
Il s’agit du refuge du Toubkal, à 3 207 m, communément appelé Les Mouflons, à côté de l’ancien refuge du CAF. Dortoirs, couvertures fournies, sanitaires communs, repas du soir et petit-déjeuner compris. Il n’y a pas de chauffage dans les chambres : les nuits sont proches de zéro même en juillet, et nettement en dessous en hiver. La plupart des randonneurs dorment habillés.
L’ascension en hiver
De décembre à avril, le sommet est enneigé et la sortie change de nature : crampons et piolet deviennent obligatoires, et le Toubkal devient une course d’hiver, pas une randonnée. Nous continuons à l’organiser, avec du matériel loué à Imlil, mais le rythme, l’encadrement et le tarif ne sont plus les mêmes. Si vous n’avez jamais marché avec des crampons, dites-le nous : cela s’apprend, mais pas le jour même.
2 jours ou 3 jours ?
Deux jours suffisent et c’est la formule la plus demandée. Trois jours restent plus confortables : une nuit supplémentaire en altitude avant le sommet améliore nettement l’acclimatation et rend la deuxième journée moins rude. Si vous n’avez jamais dormi au-dessus de 3 000 m, la version 3 jours est le choix raisonnable.
Le mal d’altitude
Au-dessus de 3 000 m, maux de tête, sommeil haché et manque d’appétit sont fréquents et sans gravité. Buvez plus que vous n’en avez envie, marchez plus lentement que votre rythme naturel, et prévenez le guide tôt si vous ne vous sentez pas bien. Si quelqu’un ne peut pas continuer le matin du sommet, il attend au refuge : la sortie n’est pas annulée pour le groupe.
À emporter
Chaussures de randonnée déjà rodées, couches chaudes avec bonnet et gants, coupe-vent, lunettes de soleil et crème haute protection, lampe frontale, et 2 à 3 litres d’eau. Rien ne s’achète au-dessus de Sidi Chamharouch. Le gros de vos bagages reste dans le véhicule à Imlil ou à votre hôtel à Marrakech.